L’histoire politique du Niger post conférence nationale a évolué en forme de sinusoïde. En effet, la démocratie arrachée de haute lutte par les forces progressistes en 1990 a connu plusieurs interruptions dues en grande partie à l’inconséquence et à l’irresponsabilité d’une certaine classe politique mal préparée à l’exercice démocratique du pouvoir.

C’est ainsi que le Niger a connu en moins de vingt ans, 5 républiques et jamais un président élu démocratiquement n’a passé le témoin à un autre président lui-même élu dans les mêmes conditions. Pendant cette période (1993 à 2011) les nigériens ont eu l’occasion de voir évoluer tantôt à l’opposition tantôt au pouvoir tous les grands partis ou coalitions de partis politiques. Les nigériens ont également pu observer ceux qui se sont comportés avec dignité à l’opposition et avec responsabilité dans l’exercice du pouvoir.

Le parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarraya) est assurément celui qui a le mieux incarné la dignité à l’opposition et la responsabilité quand il a exercé  le pouvoir d’Etat. Si le PNDS s’est illustré comme le meilleur parti politique tant à l’opposition qu’à l’exercice du pouvoir c’est dû essentiellement à deux paramètres. D’abord la solidité de son projet de société qui n’est pas un ramassis de vœux pieux mais bien une ambition construite autour de valeurs positives unanimement admises. Ensuite, le crédit dont continu de jouir le PNDS trouve sa justification dans la qualité des hommes qui animent ce parti.

En effet, les camarades dirigeants du PNDS étaient déjà rompus aux luttes à travers les syndicats d’étudiants ou de travailleurs. De là, ils ont acquis une culture de lutte progressiste et une conviction profonde qui, à bien des égards a motivé leur entrée en politique et conditionné leur endurance face aux multiples épreuves auxquelles ils ont eu à faire face ce dernier quart de siècle. Même s’il est difficile de l’admettre pour les non-initiés (c’est à dire ceux qui ne sont pas du PNDS), au parti rose on n’a pas la même compréhension de la politique que les autres partis.

C’est donc ainsi que le PNDS a dignement « enduré » son passage à l’opposition et honorablement assumé les responsabilités qui sont les siennes une fois au pouvoir. Ce comportement du PNDS est à mettre à l’actif de l’ensemble des militants mais surtout de ses dirigeants qui ont su faire émerger le parti malgré les multiples obstacles qui se sont dressés sur leur chemin. C’est pourquoi, le PNDS est l’un des rares partis politiques nigériens à ne pas connaitre trop d’érosion ; mieux, la solidité de ses structures, la constance dans la défense de ses idéaux, la qualité de sa gouvernance et la combattivité de ses dirigeants ainsi que de ses militants ont permis au parti qui était 3ème en 1993 (avec 16% au premier tour de l’élection présidentielle), de se classer 1er avec 36% au premier tour de l’élection présidentielle de 2011 et ainsi accéder au pouvoir.

Parmi les dirigeants qui ont contribué à l’ascension du parti, on peut sans être exhaustif citer les camarades Issoufou Mahamadou, Bazoum Mohamed, Foumakoy Gado, Kalla Hankouraou, Massaoudou Hassoumi, Mme Hadizatou Yacouba,  Alkassoum Indatou, Issoufou Katambé, Ouhoumoudou Mahamadou, Kalla Moutari, Souleyamne Kané, Hama Adamou Souley, Sorka Issaka, etc…. En prenant les deux premiers, si Issoufou est le chantre de la patience et de la rigueur, Bazoum est celui de la combativité et de la droiture. L’actuel président du PNDS est le champion de l’éloquence et le symbole même de l’honnêteté intellectuelle et de la probité morale, talents et qualités auxquels succombent même ses adversaires les plus irréductibles.

La gouvernance du PNDS a été caractérisée par des reformes structurelles majeures ainsi que des réalisations de grandes envergures. Mais ce qui a le plus distingué le PNDS des autres partis qui ont jusque-là exercé le pouvoir, c’est la gestion politique à l’interne. Par exemple, au cours du 2ème mandat du président Issoufou, les deux fonctions les plus importantes après celle du président de la république sont certes occupées par des militants du PNDS, mais ni le président de l’Assemblée Nationale ni le premier ministre ne sont des membres du présidium du parti. Tout autre parti que le PNDS aurait connu des dissensions en son sein pour un tel scenario. Mais c’est sans connaitre le parti rose où les décisions ont toujours été prises de façon collégiale ; ce qui laisse très peu de place aux agendas personels. A-t-on besoin de rappeler que sous la 5ème république on a vu un premier ministre se faire imposer au président de la République et évoluer  ainsi dans un scenario de quasi cohabitation alors que tous les deux étaient issus du même parti ?

Bazoum Mohamed qui est l’un des fondateurs du PNDS a toujours défendu (comme d’ailleurs beaucoup d’autres camarades) avec détermination les idéaux du parti et n’a jamais failli quant à sa fidélité par rapport à Issoufou qui était le président. Aussi faut-il rappeler que Bazoum a résisté au débauchage de Mahamane Ousmane à l’époque président de la République et qui lui proposait rien de moins que le prestigieux poste de premier ministre en régime semi-présidentiel afin de remplacer Issoufou Mahamadou ? Aussi n’était-il pas le seul des ministres du gouvernement de feu Baré à avoir refusé de le soutenir et de démissionner arguant qu’il ne pouvait soutenir un autre candidat que celui de son parti le PNDS en l’occurrence Issoufou Mahamadou, alors que tous les autres ministres issus des deux grands partis de l’époque MNSD et CDS avaient succombé au charme du COSIMBA ? N’est-ce pas lui qui était président du PNDS en 2016 quand Issoufou Mahamadou avait frôlé les 50% au premier tour de l’élection présidentielle ?

Avec Issoufou et beaucoup d’autres, Bazoum a connu brimades, arrestations et privations de toutes sortes pendant les 20 longues années que le PNDS était resté à l’opposition mais jamais on a constaté le moindre fléchissement dans ses convictions. Bazoum a été de tous les combats et de toutes les réussites du PNDS car avec Issoufou ainsi que les autres camarades, il a notamment contribué à la réputation du parti à l’international à travers les nombreuses relations qu’il a su tisser lors de ses différents passages au ministère des affaires étrangères.

Récemment encore il s’est illustré en tant que ministre de l’intérieur en réduisant considérablement l’insécurité et surtout en moralisant la gestion des collectivités avec la destitution légale de plusieurs maires indélicats de fois même issus de son propre parti.

Camarade Bazoum, ne soyez pas étonné que par des montages aussi grotesques qu’ubuesques, certains tentent de vous éloigner de Issoufou. A ceux-ci il faut leur concéder le bénéfice du doute, j’allais dire de leur ignorance, car, ils ne peuvent pas imaginer ne serait-ce qu’un tout petit peu la solidité ainsi que la profondeur de vos relations avec Issoufou. Que ces balourds au dessein funeste  sachent qu’Issoufou ne trahira jamais Bazoum et vice-versa.

  Issoufou, avec l’aide de tous les camarades du PNDS et des partis alliés a mis 10 ans pour bâtir le Niger, il ne sera pas celui qui soutiendra l’accession au pouvoir d’un candidat qui sera celui du saut dans l’inconnu.

Issoufou connait bien ses camarades, j’allais dire ses alter égos et  soutiendra certainement Bazoum qui a les faveurs des autres membres du CEN et des militants du parti. Celui-là même qui a géré le PNDS pendant presque 10  ans, saura diriger le Niger et le fera entrer dans l’ère de l’émergence et de la modernité.

Issoufou a jeté les bases essentielles du développement du Niger, à Bazoum de prendre de flambeau et d’amplifier les résultats de Issoufou en relevant avec brio les nouveaux défis du millénaire à savoir la démographie, le chômage, la sécurité, l’éducation etc… Un seul conseil camarade président beaucoup de patience ; camarade  enseignant de formation ayez comme priorité des priorités d’abord l’éducation, ensuite l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation, en fin l’éducation.

Avec une nouvelle décennie d’une probable gouvernance du PNDS qui verra certainement la retraite politique des pionniers du parti et même d’une grande partie de la classe politique nigérienne actuelle, Bazoum aura l’obligation de réussir une transition générationnelle tant au niveau de la direction du parti que de la gestion de l’Etat.

 KOSSEY  SANDA ARLIT

Niger Inter

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