Les écarts d’un député s’exprimant sur Canal 3 TV à propos de l’article 47 de la Constitution viennent de nous renseigner sur la nécessité de continuer le rappel sur les dangers du tribalisme. On l’aura compris, des pyromanes, dans une posture de désespoir, ont décidé de polluer le débat politique au Niger. Pourtant, on ne le dit jamais assez, le génocide au Rwanda ou la guerre civile en Côte d’Ivoire n’étaient que des corollaires de cette antivaleur qu’est le tribalisme. Le tribalisme c’est ‘’ la conscience collective du clan d’abord’’. Au sens propre c’est le ‘’Mode d’organisation sociale basée sur la tribu’’. Au sens figuré c’est ‘’le Mode d’organisation politique basée sur la lutte entre groupes, au profit de leurs dirigeants. Un mode d’organisation basée sur le sentiment d’appartenance, à un lieu, à un groupe comme fondement essentiel de la vie sociale’’.

Selon Dr. Hicham El Moussaoui : « Le tribalisme au sens négatif (survalorisation de son identité propre, négation et rejet de l’autre) est connu pour être un obstacle à la démocratisation car contraire à la culture de l’acceptation de la différence d’autrui et de l’alternance pacifique du pouvoir. » Et ce Maitre de conférences en économie d’ajouter : « Le tribalisme nourrit le patronage dans la société s’éloignant ainsi de la méritocratie. Que ce soit pour un emploi ou un appel d’offres dans le secteur public et privé, ce qui compte n’est pas ce que l’on sait faire, mais celui que l’on connaît. Par conséquent, ce ne sont pas les plus compétents qui sont engagés et ce ne sont pas les entreprises les plus efficientes qui accèdent aux opportunités des affaires. Dès lors, plus que la compétence et l’efficacité, c’est l’origine ethnique, la filiation, la religion, qui deviennent le critère de l’allocation des ressources. Autant dire un non-sens économique. Autrement dit, les ressources ne reçoivent pas leur meilleure valorisation, ouvrant la porte aux gaspillages et à la gabegie. »

Nous écrivions que Tandja Mamadou se gausserait de ceux-là qui dénigrent la nationalité de Bazoum aujourd’hui, lui qui fut la première victime de la même allégation et par les mêmes esprits tribalistes. Ils ont prétendu que Tandja était mauritanien. Pourtant il était leur chouchou jusqu’à une certaine période de notre histoire politique.  Une fois en difficulté ces démocrates de circonstances mettent en avant les antivaleurs et menacent le vivre-ensemble avec des relents divisionnistes et tribalistes dans l’optique d’une rente politique.  Après le cas Tandja, ils viennent encore de franchir le Rubicon de l’intolérance  politique. Certains hommes politiques incapables de reconquérir le pouvoir démocratiquement ou de combattre par les lois, n’ont rien trouvé de mieux que d’ourdir un complot sur une base ethno-régionaliste donc tribaliste contre le candidat investi du PNDS à la présidentielle de 2021. Ils pensent naïvement atteindre leur fin en recourant à l’article 47 de la constitution prêchant ainsi dans le désert. Les citoyens nigériens ne seront guère surpris de cette mauvaise recette politique d’ici et d’ailleurs. Les exemples de pays qui ont perdu leur unité et la paix sont légion. Le génocide, les guerres civiles constituent, entre autres, le lot des conséquences du tribalisme. Il faut simplement bannir cette gangrène au Niger. Pour la paix et la cohésion nationale !

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