Après les écarts du gourou de Lumana sur l’armée nigérienne en plus de ses affidés, quelques coupeurs de cheveux en quatre ont cru bon d’apporter de l’eau au moulin de celui dont l’arme identitaire constitue sans conteste sa marque de fabrique, son fonds de commerce. Parmi ces réactions spécieuses nous retenons celles de la politiste  Elisabeth Chérif et l’acteur de la société civile Nouhou Arzika. Rappelons qu’en juin 2000 sous le magistère de Hama Amadou c’était le Chef d’Etat-major général des armées, le colonel Moumouni Boureima qui avait porté plainte contre les journalistes du Canard Libéré pour ‘’Diffamation et incitation des forces de défense à la désobéissance’’ pour des propos de loin moins graves que ceux du leader de Lumana à Istanbul.

Mais pour des raisons inavouées, l’on a enregistré des personnes assez ‘’civilisées’’ pour défendre la contre-valeur prônée par Hama Amadou à savoir le reflexe identitaire. Depuis ces propos malveillants de ce politicien manipulateur, les observateurs avertis ont constaté le pourrissement du débat politique provoqué par celui qui ne compte plus que sur des moutons de panurge pour se remettre en selle. Pourtant même ses contemplateurs qui voudraient défendre l’indéfendable n’ignorent pas que Hama Amadou a bâti sa carrière politique en exploitant à outrance la référence à l’ethno régionalisme. N’est-ce pas lui qui s’est prévalu publiquement comme l’unique représentant de l’Ouest au sein du Conseil national de sécurité quand il était Premier ministre ? N’est-ce pas lui qui a dit aux jeunes du MNSD avec des relents identitaires qu’il est insulté à Niamey et ils ne font rien ? N’est-ce pas lui et son parti qui ont déclaré  que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont des ‘’tchekanda’’ c’est-à-dire  des arrivants ou des non autochtones à Niamey ? Bref la liste est longue et on n’a pas besoin de faire un dessin pour savoir que le recours à l’argument ethno régionaliste est un fonds de commerce politique de Hama Amadou.

« Je pense que le Gouvernement que nous avons, profite du problème de l’insécurité pour délibérément envoyer à la mort une certaine catégorie des soldats nigériens, s’il ne prend pas des mesures de les radier simplement des listes de l’armée pour des motifs les plus absurdes ». C’est justement ce discours à connotation  séparatiste, identitaire que les populistes Elisabeth Chérif et Nouhou Arzika ont tenté maladroitement de justifier pour l’opinion publique. Ils ne se rendent pas compte que l’auteur a parlé en français facile aux nigériens pour atteindre son objectif à savoir la révolte d’une ‘’catégorie des soldats’’ et éventuellement leurs parents pour assouvir ses desseins politiciens. La liste des soldats tombés sur le champ d’honneur et leurs identités ethno régionales démentent éperdument les propos tendancieux de Hama Amadou. Très malheureusement pour ces spéculateurs, un des leurs notamment Moussa Tchangari de la société civile a eu le sens de la répartie en répondant à Elisabeth Chérif que : « … je ne crois pas que le chef de file de l’opposition a utilisé le mot catégorie dans le sens dans lequel tu voudrais qu’on prenne son propos. Le chef de file de l’opposition a, à mon avis, mal parler ; comme il lui arrive souvent de le faire. Il aurait pu attaquer ce régime sur ce qui constitue le fond de sa politique, à savoir l’aliénation de la souveraineté nationale ». Quand Nouhou Arzika, on ne sait franchement quelle mouche l’a piqué, dans son populisme déplacé sur Labari TV  en voulant défendre une supercherie tendant à opposer les Nigériens sur fond d’un calcul bassement politicien on ne peut que tomber des nues. En tout cas aux yeux de beaucoup d’observateurs avertis, celui que Tandja a surnommé ‘’amali ‘’ (dromadaire) aurait raté une belle occasion de se taire. En effet, comment comprendre un acteur de la société civile qui prétend défendre des valeurs et l’intérêt général dans une posture de prêcher des contre valeurs ? Non Nouhou Arzika ! La constance est une vertu. Votre animosité contre le régime en place ne doit pas vous amener à perdre l’usage de votre rationalité au point de vous méprendre sur des propos pourtant assez limpides d’un politicard en perte de vitesse. Un défenseur des droits humains doit savoir raison garder quelles que soient les circonstances pour prêcher la vertu par l’exemple au lieu de s’agripper sur des ressentiments de quelques-uns qui pensent que pour que leur cause soit entendue dans notre pays il faudrait que le Niger bascule dans la chienlit. Nous disons simplement à Elisabeth Chérif, Nouhou Arzika et consorts qu’ils doivent se reprendre et redoubler de vigilance car ‘’le bon sens est la chose au monde la mieux partagée’’, comme l’a si bien dit Descartes.

 

Un égocentriste narcissique en quête d’une virginité politique…

A notre humble avis, une des raisons qui explique ce référentiel identitaire presque naturel chez le fugitif c’est bel et bien son narcissisme, cette propension maladive chez lui à ériger son égo au-dessus de tous les Nigériens. L’on se rappelle que c’est justement  l’égocentrisme de cet homme qui l’a amené a créé une crise politique inutile en décidant de quitter la MRN dans une vaine tentative d’une autre cohabitation. Il avait demandé à ses ministres de quitter le gouvernement tout en  s’accrochant à son juteux poste de président de l’Assemblée nationale. Alors ses camarades du parti  comme Ladan Tchiana, Salah Habi et consorts n’étant pas des moutons de panurge, eux, ont su dire non à cette spécieuse façon de faire la politique : le bonheur pour vous et les supplices aux autres. Et la suite est connue, comme tout gourou d’une secte, sans tenir compte des intérêts du parti, il les avait  exclus même si le parti pourrait en pâtir.

C’est également son ego qui l’a amené lors de sa gloriole a acheté la conscience des députés jusqu’à se taper une loi presque ‘’institue personae’’ relative aux avantages alloués aux anciens premiers ministres pour qu’il soit le seul et unique bénéficiaire parce que taillée sur mesure. Très malheureusement cette loi a été abrogée parce que la philosophie du droit nous enseigne que la loi est d’essence impersonnelle. On ne doit pas faire une loi avec une préméditation juste pour faire plaisir à son ego.

De même le respect des institutions ce n’est pas une des meilleures qualités de Hama Amadou. Sous Tandja déjà il ne se gênait pas de dire que c’était lui l’alpha et l’oméga du système. Ce qu’il a encore réaffirmé de manière plus audible lorsque Tandja s’est dit ‘’goni’’ (le maitre ou l’expert a peu près en hausa) tout le monde a entendu Hama dire en réponse à Tandja que c’était en réalité lui le ‘’goni’’ puisqu’il se considérait comme le maitre de l’ouvrage de tout ce que Tandja aurait réalisé.

Le comble c’était sous la cohabitation avec Mahamane Ousmane que Hama a osé même priver même du minimum à Mahamane Ousmane dans l’exercice de ses fonctions. Alors que ce dernier était  élu par le peuple quand lui il est simplement nommé. L’humiliation pour Mahamane Ousmane était totale car Hama disait également l’armée c’était aussi pour eux c’est-à-dire le  MNSD de l’époque. Et on avait vu un président de la République affaibli et humilié qui observe des grèves pour ne pas présider les conseils des ministres. Hama Amadou en s’accaparant les prérogatives du président de la République d’alors avait vidé la cohabitation de tout intérêt pour les Nigériens.

N’est-ce pas son narcissisme qui l’a amené à trahir l’ARN pour ne pas faire de Seyni Omar qu’il estime avoir ‘’créé de toutes pièces’’ (Sic) comme si un homme pourrait créer un autre homme. Ce qui fait que le président Issoufou était conscient que Hama était avec lui par calculs machiavéliques. Et qu’on le veuille ou non c’est ce reflexe qui a amené le président Issoufou à éviter la cohabitation de justesse.

Dans la même lancée, Hama voulait manipuler le président Issoufou parce qu’il considèrait que Issoufou lui devait son poste. Mais le sens du leadership de Zaki l’a guidé à déjouer les complots de cet homme qui se considère comme le nombril du Niger. Après juste un temps de chantage, Issoufou a pris ses précautions lorsqu’il s’est rendu compte que son allié principal veut se servir au détriment du peuple. Cela avait un peu perduré mais, dit-on, mieux vaut tard que jamais.

Au cours cette alliance avec Issoufou, Hama Amadou a joué un petit jeu, il a perdu et au lieu de prendre son mal en patience, il a voulu plutôt faire une tempête dans un verre d’eau. C’est cela la pratique des manipulateurs narcissiques, leur vraie nature une fois en difficulté ils la projettent sur leur adversaire. Comme dirait l’adage le voleur croit que tout le monde vole comme lui.

Les manipulateurs narcissiques savent prendre des risques mesurés. Ils vont toujours utiliser les autres pour atteindre leurs objectifs. Dès qu’il y a danger ils ne sont pas là. Combien de fois les Soumana Sanda ont tenté de mobiliser des jeunes à Niamey pour créer le chaos puisqu’ils considèrent que sans désordre le ‘’guri système’’ est inébranlable. Pourtant eux, ils ont fait deux mandats personne n’a cherché à troubler l’ordre démocratique n’eut été la parenthèse déplacée du vieux Tandja refermée par Salou Djibo. On l’aura compris, l’affaire de nos soldats tombés à Tongo-tongo n’est qu’une supercherie de celui qui pense toujours tirer une quelconque rente politique de l’arme identitaire.

En un mot comme en mille, les manipulateurs narcissiques de la trempe de Hama Amadou savent toujours rester dans leur zone de confort pour nuire. Ils s’accrochent mais ils n’aiment pas leur peuple. Ils aiment bien attiser le feu mais il ne faut pas compter sur eux pour vous assister en cas de revers de la médaille.

L’histoire a finalement donné raison à Abdoulaye Tiemago,  DP du Canard Libéré qui l’avait qualifié de ‘’pyromane mais lâche’’. N’est-ce pas lâche que de vouloir mettre du feu à son pays depuis son exil pour assouvir ses desseins de politicard ?

Bawa Na Delou

Niyya Infos N°006

Niger Inter

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