« Est-ce que le Niger doit arrêter de fonctionner parce qu’un sommet de l’UA s’y tient ? », se demande Soumana Sanda

Soumana est député national au titre du parti LUMANA FA. Il fait partie des initiateurs de la motion de censure discutée et votée le jeudi dernier. Dans l’entretien qui suit il explique les raisons du dépôt de motion et les leçons qu’il tire après cet exercice démocratique.

 Niger Inter : vous êtes parmi les initiateurs de la motion de censure de l’opposition discutée et votée le jeudi 27 juin dernier. Quel est votre sentiment après cet exercice démocratique ?

Député Soumana Sanda : c’est un sentiment de satisfaction totale, en ce sens que la possibilité que nous avons eu d’exercer ce droit constitutionnel prouve à souhait que rien n’est immuable ici-bas. Les frustrations accumulées par les uns et les autres durant ces 8 ans ont commencé à créer des fissures au niveau de l’édifice usurpé, et que le gagnant dans tout cela c’est le peuple Nigérien qui est désormais conscient que la représentation nationale notamment l’opposition sait exactement ce qu’il endure.

Niger Inter : la majorité parlementaire a dénoncé le caractère inopportun de  votre  motion  de censure au regard du contexte notamment le Sommet de l’UA qui se tiendra à Niamey. Que répondez-vous ?

Député Soumana Sanda : la motion de censure est une activité politique comme toute autre, qui n’est pas différente de la campagne que le président du PNDS a commencé à Dioundjou et dans le Boboye. La majorité semble oublier que toutes les motions de censure déposées pendant qu’elle était à l’opposition, étaient consécutives à un évènement majeur dans notre pays. Est-ce que le Niger doit arrêter de fonctionner parce qu’un sommet de l’UA s’y tient ? Assurément pas ! Nous avons exercé un droit constitutionnel au moment où nous avons eu la possibilité de le faire.

Niger Inter : A bien lire votre motion de censure c’est comme si depuis 8 ans le gouvernement de Brigi Rafini n’a rien fait pour le Niger. N’est-ce pas de la mauvaise foi ?

Député Soumana Sanda : nous n’avons fait que partager le sentiment général des Nigériens, qui ont constaté une dégradation sans précédent de leurs conditions de vie, qui ont soif de justice, qui constatent que l’avenir de leurs enfants et petits-enfants sont compromis par la dette et   qui ne voient aucune perspective qui leur permettent d’espérer.

Niger Inter : la motion de censure a été votée par 38 pour au lieu de 35 signataires. Comment expliquez-vous ce camouflet pour la majorité ?

Député Soumana Sanda : ce n’est que le début d’un processus inévitable de démantèlement de cette majorité de circonstance. Le PNDS ne perd rien pour attendre in sha Allah.

Niger Inter : quelle leçon avez-vous tirée de cette motion de censure ?

Député Soumana Sanda : La première  leçon c’est que le peuple nigérien et amplement informé de la situation catastrophique dans laquelle les Renaissants   ont plongé notre pays. La deuxième Leçon, les Nigériens ont réalisé que Hama Amadou continue à hanter leur sommeil, au point où il était plus présent dans les débats que ceux qui ont été interpellés. Et la troisième leçon, les Nigériens ont pu se rendre compte que les invectives, les encensements et les applaudissements programmés ont remplacé les arguments que la majorité devrait nous opposer.

Propos recueillis par Elh. M. Souleymane

 

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