Des pluies diluviennes, allant de 120 à 176 mm sont enregistrées depuis quelques jours dans plusieurs localités du Niger. Un phénomène qui a eu pour conséquences des inondations dans plusieurs localités.

Les évènements pluvieux ont concerné plusieurs localités des régions d’Agadez, Tahoua, Diffa, Maradi, Zinder et Tillabéri. C’est ainsi que dans la région de Maradi, 176 mm ont été enregistrés dans une localité de Dokoro, tandis que deux localités du département de Ouallam dans la région de Tillabéri ont respectivement enregistré des hauteurs de pluies allant de 120 à 140 mm, le tout accompagnés d’importants dégâts matériels.

Il faut dire que dans le cadre des prévisions météorologiques de cette année, il a été prévu une année normale. « On savait que si on n’a pas de déficit et qu’on a une pause au niveau du démarrage de la saison, il y aura alors une concentration des pluies quelque part et que ça devrait être vers la fin du mois de juillet et d’août. C’est ce qui est en train de se passer dans beaucoup de localités où on a assisté à des phénomènes extrêmes », a expliqué Katiellou Lawan Gaptia, Directeur de la météorologie nationale.

Une situation exceptionnelle dans le Nord Niger

La situation est exceptionnelle dans la région d’Agadez. Des précipitations assez intenses sont tombées sur le massif de l’Aïr, mais également dans le Kawar où Bilma a enregistré 33 mm. Or cette ville a une pluviométrie annuelle qui tourne autour de la moyenne de 8 mm. Une situation due à une perturbation que les techniciens appellent Vortex. « C’est dû au passage du Vortex, une perturbation tourbillonnaire cyclonique sur le pays qui a amené beaucoup d’humidité sur les zones Est mais également sur les zones Nord », a expliqué Katiellou Lawan Gaptia.

Selon lui, le positionnement du Vortex est tout à fait anormal, « parce qu’il a l’habitude d’être à cheval entre le Nord Nigeria et le Niger ».  « Mais cette fois-ci il était beaucoup plus avancé, ça a fait que l’humidité est beaucoup partie vers le Nord. Une très bonne pénétration de la mousson jusqu’aux confins de la Libye et quand il y a un mouvement de la mousson sur le massif, ça donne ce qu’on appelle effet horographique », explique-t-il. «C’est l’effet horographique qui a fait qu’on a enregistré sur l’Air beaucoup de précipitations ayant engendré des écoulements importants en surface qui ont occasionné le débordement de beaucoup de rivières, notamment celle de Telwa », a-t-il ajouté.

Dans la même situation, poursuit le directeur de la météorologie nationale, « il a été enregistré des humidités assez importantes qui ont donné lieu à des précipitations assez importantes sur le Kawar et le Djado ces derniers jours ». Du coût, les dégâts sont énormes dans plusieurs zones.

Une manifestation du changement climatique

« Cette année, c’est une situation exceptionnelle qui s’est produite sur le Kawar et le Djado », a reconnu Katiella Lawan Gaptia, même si souligne-t-il, pour Agadez ce n’est pas la première fois. On se rappelle en effet des inondations enregistrées dans cette région en 2009, mais également à Ouagadou au Burkina Faso où plus de 300 mm sont tombées en un temps record.

Pour le spécialiste de la météorologie, il n’y a aucun doute que ces situations sont les conséquences du changement climatique. «Nous assistons à des choses assez extrêmes et qu’on peut lier au changement climatique qui est en train de changer même le régime pluviométrique, la configuration atmosphérique et surtout le profil de la saison », a-t-il expliqué.

Amoustapha Aboubacar

Niger Inter

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