‘’L’importance de la finance islamique dans la vie du musulman’’, c’est le thème de la conférence animée par Cheikh Boureima Abdou Daouda et le Directeur général de la Banque Islamique du Niger, le samedi  7 septembre 2019, au Centre Culturel Amir Sultan de Niamey. Initiée par la Banque Islamique du Niger (BIN), cette rencontre a permis de relever la spécificité et les avantages liés à la finance islamique. Dans l’entretien qui suit Cheikh Boureima revient sur certains aspects de sa communication.

Le Républicain : Vous avez animé une conférence publique sur la finance islamique le week-end dernier. En substance quel message retenir de votre communication?

Cheikh Boureima Abdou Daouda: Bismillahir-Rahmânir-Rahîm. Effectivement j’ai animé une conférence publique sur l’importance de la finance islamique dans la vie du musulman en collaboration avec la Banque Islamique du Niger (BIN). L’objectif en ce qui me concerne est de rappeler aux musulmans l’importance de cette finance et de les inciter à la pratiquer car c’est l’unique voie de transactions bancaires qui peut leur permettre d’être en phase avec leur Seigneur Allah et leur foi islamique. En effet, Allah le Très Haut a fixé des conditions pour les transactions financières inter-individus, le respect de ces conditions est une adoration car il relève de la soumission à Allah et le non-respect de ces conditions est un péché puisqu’il s’agit d’une désobéissance à Allah. Quant à la BIN, par le truchement de son Directeur Général Mr Alioune Touré, elle a présenté aux participants les produits islamiques actuellement disponibles à leur niveau et la procédure à suivre pour en bénéficier. La conférence a été donc la conjugaison de la théorie et de la pratique de la finance islamique.

Le Républicain : L’on retient du principe islamique du partage des profits et pertes la responsabilité entre le client et la banque. Quel commentaire faites-vous par rapport au système bancaire classique?

Cheikh Boureima Abdou Daouda : j’avoue que j’ignore comment se font les transactions bancaires classiques car je n’ai jamais fait recours à cela à cause de l’intérêt qui y est pratiqué. Quant au système bancaire islamique, la responsabilité est partagée entre la banque et le client: ils gagnent ou perdent ensemble. C’est un principe de la finance islamique qu’on appelle le principe de 3P: Partage des Profits et des Pertes. Ce partage se fait selon le prorata d’engagement des contractants.

 Le Républicain : un autre principe de la finance islamique que vous avez rappelé c’est l’interdiction de l’usure ou l’intérêt. Quelles conséquences pourrait avoir le « Ribâ » sur l’économie?

Cheikh Boureima Abdou Daouda: effectivement le premier de cinq (5) principes de la finance islamique est l’interdiction formelle du Ribâ (usure/intérêt). Il faut dire (sans entrer dans les détails des différentes catégories du Ribâ ni dans sa définition littérale et conventionnelle) que le Ribâ est formellement interdit en Islam à travers toutes ses sources notamment le Noble Coran, l’Authentique Sounnah et le consensus des savants musulmans à cause de ses conséquences fâcheuses sur les sociétés, les individus et leurs richesses. Cette interdiction a été faite dans le Noble Coran de façon progressive comme ce fut le cas de l’interdiction de l’alcool. Les conséquences fâcheuses du Ribâ touchent non seulement l’économie mais aussi et surtout les sociétés, les individus, leur vie présente et future. Pratiquer l’usure ou l’intérêt c’est s’exposer à une guerre contre Allah et Son Messager comme Il l’a dit: «Ô croyants, craignez Allah et renoncez au reliquat du Ribâ si vous êtes vraiment croyants et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son Messager, Et si vous vous repentez vous aurez vos capitaux, vous ne léserez personne, et vous ne serez pas lésés». Sourate 2, verset 279.

Qui peut mener ou supporter une guerre de la part d’Allah et de Son Messager sans compter les autres conséquences fâcheuses du Ribâ. Le Prophète çallallahou alayhi wa sallam a en effet dit: «Allah a maudit le consommateur de l’intérêt, celui à qui on le fait consommer, celui qui l’écrit et ses deux témoins (les deux témoins du contrat)». Rapporté par Mouslim. «Tout corps qui pousse (grandit, se développe, se construit) par le Harâm, le Feu a plus de droit sur lui (que le Paradis)». Rapporté par Attirmizy. Il dit encore: «Un seul dirham d’usure que l’homme consomme alors qu’il le sait, est plus grave que trente-six fornications». Rapporté par Ahmad. Qu’Allah nous protège tous contre les causes de Son courroux et de Sa punition ici-bas-monde et dans l’au-delà!

Propos recueillis par Elh. M. Souleymane

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