J’ai lu le décryptage de Issa Kassoum sur l’école nigérienne via www.nigerinter.com. Cette analyse m’a d’ailleurs suscité cette réflexion et quelques propositions pour inverser la tendance à la médiocrité instaurée dans notre école publique. Je rappelle que le Président de la République disait dans un de ses discours « que l’école est gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans ».

Si nous voulons un tant soit peu améliorer notre système scolaire, nous pouvons essayer ce qui suit :

1.) Imposer à chaque famille quel que soit ses moyens financiers et son statut social, d’inscrire à l’école publique au moins deux enfants au niveau primaire et au moins 1 au niveau Secondaire et universitaire. Histoire de vivre les réalités de ce système scolaire. Car vous ne pouvez pas améliorer ou contribuer à améliorer une situation que vous ignorez quel que soit votre niveau de connaissance théorique dans le domaine.

 2.) Imposer l’inscription des étudiants dans une de nos universités si la filière existe et que si l’étudiant ou ses parents passent outre mesure, qu’on lui refuse l’équivalence  à défaut de ne pas reconnaître son diplôme.

3.) Un enseignant doit choisir entre le privé et le public, ce qui permettra aux établissements privés de contribuer un tant soit peu à la formation des enseignants et être très regardant dans le recrutement de leurs enseignants.

4.) Un enseignant chercheur ou professeur doit choisir entre rester à l’université ou démissionner pour aller faire la politique, sa place est dans le laboratoire ou dans la salle de cours que dans un bureau de conseiller de Ministre ou du Président ou consultant. En plus un professeur ne doit pas faire de cours de vacation dans son département et de limiter le nombre d’heures qu’il peut consacrer à cette activité dans d’autres unités ou universités.

5.) Il faut punir sans état d’âme tous ceux qui seront impliqués dans le détournement des moyens financiers et matériels affectés à l’éducation.

6.) Faire de l’enseignement une carrière et non un fourre-tout.

 7.) Continuer la formation des enseignants dans les écoles normales (EN).

 L’un dans l’autre l’application de ces quelques règles nous permettra de redresser notre système scolaire dans le moyen et long terme mais dans le court terme on aboutira à quelque chose de positif. Le système éducatif d’un pays est une affaire du pays, aucune ingérence extérieure ne doit être acceptée sinon l’éducation des enfants du pays sera orientée vers des objectifs qu’il tardera à découvrir. Il est grand temps de comprendre que l’éducation de nos enfants est un domaine de souveraineté par excellence. L’émergence du Niger tant souhaitée ne saurait faire économie de l’éducation de notre jeunesse. Une éducation de qualité. C’est pourquoi à mon humble avis il urge à ce qu’on prenne l’école publique au sérieux.

Ibrahima Kadaouré

Ingénieur agronome

Niger Inter

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