« Renforcer et diversifier les partenariats pour les cultures ACP », tel est le thème sous lequel a été placée la 5ème Réunion des Ministres du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) qui s’est tenue le samedi du 19 au 20 octobre 2019 au Palais des Congrès de Niamey. L’ouverture des travaux de ladite réunion a été présidée par le Chef de l’Etat Issoufou Mahamadou.

 A cette occasion, le Président de la République a précisé les questions sur lesquelles doivent se pencher les participants à la rencontre en soulignant que celle-ci « aura à se pencher sur plusieurs questions qui correspondent aux préoccupations de nos peuples. Il s’agira de « renforcer et diversifier les partenariats en faveur des cultures ACP », de « diversifier les sources de financement pour favoriser l’essor des industries culturelles et créatives » et examiner les « initiatives de coopération sud-sud : le rôle des villes et des gouvernements locaux », d’échanger sur le « patrimoine culturel, les industries créatives et le climat » ».

Le changement climatique dans les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad constitue des enjeux importants, enjeux qui portent notamment sur ses conséquences désastreuses que sont la pauvreté et l’émergence des menaces des organisations terroristes et criminelles.

Pour le Président Issoufou, « la question du développement durable est au centre des préoccupations des peuples de ces deux régions et vos discussions peuvent nous aider dans la réflexion relative à la contribution de la culture dans le combat pour la lutte contre les effets du changement climatique ».

La culture étant au centre des questions qui seront débattues, celle-ci constitue l’ensemble « de valeurs, de coutumes, de croyances, de normes, de règles formelles et informelles, la culture peut faciliter ou entraver le développement », a déclaré le chef de l’Etat.

« Pendant longtemps, il a été admis que seules les valeurs occidentales sont favorables au développement économique avec notamment la mise en exergue du lien entre protestantisme et esprit capitaliste », a-t-il expliqué.

Il a, en outre, indiqué que, grâce au « développement économique de certains pays asiatiques comme le Japon, la Corée du Sud, Singapour et la Chine, on admet que les valeurs asiatiques du confucianisme peuvent être favorables au développement économique apportant ainsi la preuve que chaque société peut construire ses propres alternatives au modèle de développement économique adopté en occident, modèle de développement qui est aujourd’hui unanimement admis comme étant  responsable du changement climatique ».

La culture est un véritable levier pour un développement durable, son rôle « est reconnu par le biais d’une majorité d’ODD allant de l’éducation de qualité à l’égalité de genre en passant par les villes durables, l’environnement, la croissance économique inclusive, les modes de consommation, les sociétés pacifiques et inclusives. Du patrimoine culturel aux industries culturelles et créatives, la culture doit être à la fois un vecteur et un catalyseur du développement durable, un vecteur contribuant à une utilisation appropriée des ressources de notre planète, un vecteur permettant le renforcement de la résilience des communautés à travers des mesures aussi bien d’atténuation que d’adaptation. Nous devons nous demander quelles devraient être nos attitudes envers le milieu naturel dans lequel nous vivons. La dimension culturelle peut nous servir de guide à condition que les valeurs qu’elles portent le permettent », a souligné le Président de la République.

Venant à toute l’importance qu’accorde le Gouvernement nigérien à la culture dans ses actions de développement, il a laissé entendre aux participants à cette réunion de haut niveau, qu’au Niger « nous avons fait de la renaissance culturelle la première priorité du programme de renaissance du Niger que nous mettons en œuvre depuis bientôt neuf ans. Elle vise trois modernisations : sociale, politique et économique. Pour réaliser ces trois modernisations nous avons décidé d’identifier et de promouvoir nos propres valeurs et les valeurs d’emprunt tout en combattant les contre valeurs. A travers la modernisation sociale nous visons notamment le renforcement de la résilience de nos populations face aux effets du changement climatique ».

En terminant ses propos, le Chef de l’Etat a souligné ne pas douter que les analyses et contributions à la 5ème réunion de Ministres de la Culture du Groupe des Etats ACP, « permettront à nos gouvernements de réaliser les avancées que nous voulons en garantissant et en élargissant les financements innovants au profit de la culture, en élaborant et en mettant en œuvre des mesures d’adaptation appropriées au changement climatique et au développement durable, en intensifiant la coopération sud-sud dans le secteur de la culture à travers les collectivités territoriales et les villes. Nous aurions alors des programmes qui favoriseront la création d’une industrie culturelle et créative durable, la production des biens et services culturels de qualité et l’accès des producteurs culturels aux financements innovants et aux marchés locaux, régionaux et internationaux. Je ne doute pas que les négociations en cours ACP-UE réserveront à la culture la place qu’elle mérite ».

Bien avant le discours d’ouverture prononcé par le Président de la République, Issoufou Mahamadou, le Ministre de la Renaissance culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Assoumana Mallam Issa, après les mots de bienvenue, s’était adressé au parterre de personnalités présentes à la rencontre en soulignant, d’entrée de jeu, que « nos Etats replacent la culture au cœur de nos politiques publiques pour en faire le principal levier de développement durable ».

D’après lui, « notre pays a emprunté ce chemin salutaire en faisant de la culture la poutre du PDES 2017-2021 mis en œuvre sous la conduite éclairée du Premier ministre ». Ce qui est un vœu fort du Chef de l’Etat.

Pour souligner toute l’importance qu’accordent notre pays et ceux d’Afrique de l’Ouest à la culture, Assoumana Malam Issa a, ensuite, expliqué que « la Conférence des ministres de la CEDEAO dont le Niger assure la présidence, vient d’adopter le 17 juillet 2019, une politique culturelle commune aux Etats membres avec les axes stratégiques qui prennent en compte des multiplicités des défis qui caractérisent notre Espace ».

« 1% de leur Budget sera consacré au financement de la culture à l’horizon 2025 », a-t-il laissé entendre.

Dans l’allocution prononcée par le Sous-secrétaire Général Département des Questions politiques et du Développement humain, du groupe ACP, M. Léonard-Emile Ognimba, on retient que c’est à la toute dernière réunion des ministres d’ACP tenue à Bruxelles en 2017 qu’ont été élaborés les principes essentiels pour une prise en compte de la culture et de la créativité dans le développement économique et humain dans les pays membres.

Au cours de l’ouverture de la 5ème Réunion du Groupe des Etats ACP, ont été prononcées aussi d’importantes autres allocutions. Ainsi, on retient celles de la Directrice générale de la Coopération et Développement de l’Union Européenne, Mme Henriette Geiger  et du Directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel de l’UNESCO, M. Dimitri Sanger.

Les travaux de cette rencontre de haut niveau ont été clôturés le dimanche 20 octobre 2019. C’est au Ministre de la Renaissance culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Assoumana Mallam Issa, qu’était revenu l’honneur de prononcer le discours de clôture. A cette occasion, il a remercié les participants à ladite réunion et s’est dit réjoui des résultats auxquels ont abouti les travaux, résultats qui ont permis l’approbation et  l’adoption de la Déclaration de Niamey.

Bassirou Baki Edir

 

Niger Inter

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