Très respectée Docteur Hak Ja Han Moon, Présidente de la Fédération pour la Paix Universelle,

Excellence Monsieur Azali Assoumani, Président de la République Fédérale Islamique des Comores ;

Messieurs les Anciens Chefs d‘Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Représentant du Président de la Commission de l’Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les dirigeants des institutions partenaires de l’Afrique, 

Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des pays amis,

Messieurs les chefs traditionnels et religieux

Mesdames, Messieurs,

Le Niger est heureux d’accueillir la présente session du Sommet Continental sur la paix, la sécurité et le développement humain en Afrique organisé par la Fédération pour la Paix Universelle.

Je salue la présence parmi nous du Président Azali Assoumani de la République Fédérale Islamique des Comores ainsi que celle des Anciens Chefs d’Etat et de Gouvernement.

Je voudrais aussi saluer Docteur Hak Ja Han Moon la mère de la paix, fondatrice de la Fédération pour la Paix Universelle et lui exprimer mes vives félicitations et mes remerciements pour ses actions biens connues en faveur de la paix et de la sécurité.

Excellences, Mesdames et Messieurs 

Le présent Sommet Continental coorganisé par la Fédération pour la Paix Universelle et le Niger se tient quelques mois après la tenue, ici à Niamey, du sommet extraordinaire de l’Union Africaine qui a consacré le lancement de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) ainsi que celle du premier sommet de Coordination de l’Union Africaine. Il se tient aussi dans un contexte international caractérisé, comme j’ai eu déjà à l’indiquer dans mon discours devant l’Assemblée Générale des Nations Unies au mois de Septembre dernier, par des velléités de retour à la course aux armements, les tensions commerciales, l’accroissement des inégalités, la persistance de la pauvreté, l’augmentation spectaculaire des flux migratoires, la montée des populismes, le défi climatique ainsi que les menaces des organisations terroristes.

Des centaines de millions d’êtres humains ont le sentiment d’être dans la nuit et le brouillard au point où certains estiment que nous sommes entrés dans une époque agonique de l’histoire humaine, une époque de luttes finales entre les forces de la mort et celles de la renaissance. Une époque de perte de repères. Pourtant, nous avions cru à la fin de l’histoire. Nous avions cru au début des années 90, à la sortie de la guerre froide, que la globalisation créera les conditions de la prospérité générale. Stade suprême de la mondialisation, la globalisation tente d’opérer une unification abstraite, détruit ou ignore la diversité des cultures et ainsi provoque des résistances, des fermetures, le culte des identités exclusives. Au lieu de relier les êtres humains et les sociétés, elle les sépare. Elle a créé une infrastructure économique sans une superstructure qui lui correspond, ce qui est du reste attesté aujourd’hui par la crise que connait la démocratie représentative sur tous les continents. Elle ne satisfait pas les besoins de reconnaissance des hommes ni ne respecte leur dignité, ce principe de base du coran qui dit : « nous avons donné la dignité aux enfants d’Adam. »   Sans distinction de race, de sexe, de religions. Ce principe premier proclame du coup l’égalité de tous les êtres humains. Il n’y aura ni paix ni sécurité dans le monde tant que ce principe premier n’est pas observé.

Excellences, Mesdames et Messieurs

Pour la première fois dans l’histoire, tous les êtres humains ont un destin commun et font face à des périls communs qui menacent notre patrie commune : la terre. Un nouveau mouvement de fraternité et un message d’ouverture sont aujourd’hui nécessaires dans le monde. « Là ou croit le péril, croit aussi ce qui sauve » dit-on. Il faut instaurer le dialogue, exprimer notre spiritualité, nos valeurs, échanger nos expériences, construire des ponts et non des murs car à travers la diversité des cultures et des civilisations nous sommes tous des humains. Chaque culture ou chaque civilisation contient ses vertus, ses savoirs, ses illusions, ses superstitions. Il faut avoir l’esprit ouvert à toutes les sagesses du patrimoine de l’humanité. Les identités multiples doivent se féconder mutuellement. Nous devons chercher à épanouir le meilleur de l’humain aux dépens du pire. Nous devons nous battre contre la part d’ombre qui est en chacun de nous.

Excellences, Mesdames et Messieurs 

Ce combat est celui que mène la Fédération pour la Paix Universelle, un combat pour un monde plus juste, un monde plus humain, un monde de tolérance. Les Fondateurs de la Fédération pour la Paix Universelle considèrent en effet qu’il est important aujourd’hui de reconnaitre que vivre pour autrui et pour l’intérêt public est la base du développement dans un monde interdépendant. C’est d’ailleurs ce qu’enseignent les grandes traditions spirituelles. En particulier c’est ce qu’enseigne l’Islam, y compris quand on parle de Jihad car le Jihad qui signifie « effort », n’est pas, contrairement à ce que pense l’ignorant, la guerre sainte mais le double mouvement de résistance au mal en soi et de réforme de soi vers le bien. C’est dans cette perspective que s’est tenu, du 18 au 20 Janvier2018 à Dakar, le Sommet Africain pour la Paix présidé par mon frère et ami Macky Sall Président du Sénégal, sommet au cours duquel le projet pour une Afrique céleste a été lancé par la Fondatrice de la Fédération pour la Paix Universelle, la mère de la paix Docteur Hak Ja Han Moon. Ce sommet s’est tenu sous le thème d’une « Nouvelle Afrique : interdépendance, prospérité mutuelle, valeurs universelles ». Une des conclusions fortes de ce sommet était qu’il est essentiel de s’unir pour renforcer les bases éthiques d’une communauté Africaine solidaire et que seule l’ouverture à autrui et le renforcement des alliances et des partenariats centrés sur les valeurs universelles permettront à l’Afrique de s’épanouir, de libérer l’énergie vitale de sa jeunesse et de développer ses richesses.  Le thème du présent sommet : « Construire une Afrique pacifique, unie et prospère centrée sur les valeurs universelles : paix, sécurité, réconciliation, interdépendance, prospérité mutuelle et valeurs universelles » prouve le souci d’approfondir celui du sommet de Dakar. Ce thème reprend du reste la vision des chefs d’Etat et de Gouvernement Africains telle qu’elle est mentionnée dans l’agenda 2063 de l’Union Africaine, la vision d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale ».

    Je salue donc la pertinence de ce thème ainsi que le format inédit de cette réunion avec la présence des organisations de la société civile, représentants des gouvernements, chefs d’entreprise, journalistes, universitaires, chefs traditionnels,  leaders religieux, jeunes et femmes qui constituent tous des acteurs et des artisans de la paix globale et inclusive dont nous avons besoin pour un monde plus sûr et plus humain.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

L’Afrique est confrontée aux mêmes défis que ceux que je viens d’évoquer plus haut mais l’Afrique est plus que jamais déterminée à prendre son destin en mains. Cette volonté forte a encore été réaffirmée lors du  dernier Sommet de l’Union Africaine de Niamey qui a vu l’entrée en vigueur du traité portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine ZLECAf, qui ouvre la voie à un marché commun continental porteur de croissance et de développement des pays africains.

Il est heureux de constater ce même élan à travers les autres initiatives de l’agenda 2063, visant à transformer radicalement le continent, et dont la réalisation n’a que malheureusement trop duré au regard de leur pertinence pour le continent. Il s’agit de projets structurants et emblématiques comme le Programme du Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDA), la Vision Minière Africaine (VMA), des projets visant à électrifier, interconnecter et digitaliser l’Afrique qui connaissent aujourd’hui un regain d’enthousiasme, avec cette fois une volonté affichée d’atteindre les objectifs visés.

La mise en œuvre de tous ces programmes peut être compromise malheureusement si la paix et la sécurité ne sont pas assurées. Déjà nous ne parviendrons pas à faire taire les armes en 2020 comme prévu dans l’agenda 2063.

L’Afrique fait en effet face depuis quelques années à une menace d’un genre nouveau plus dévastatrice et plus pernicieuse que toutes celles qu’elle a déjà connues par le passé : Il s’agit du terrorisme issu du radicalisme religieux qui sème la violence de façon non distinctive, qui s’attaque aux fondements culturels des sociétés et aux fondations territoriales et institutionnelles des Etats. L’insécurité qui en résulte entrave les projets de développement et accentue la vulnérabilité des économies.

Ainsi, la situation qui prévaut dans certains pays de notre sous-région, en particulier dans le Sahel, est préoccupante et doit davantage bénéficier de l’attention de la communauté internationale. Nos pays ont besoin de paix et de stabilité, afin que les stratégies, programmes et projets de développement que nous avons conçus pour la prospérité de nos populations puissent être mis effectivement en œuvre et qu’ils produisent les effets escomptés.

Nous faisons beaucoup d’efforts pour prendre notre sécurité en mains. Des ressources budgétaires importantes y sont consacrées. Au niveau de la CEDEAO, de l’UEMOA, de la CBLT et du G5 Sahel nous organisons notre solidarité et nous mutualisons nos moyens comme l’attestent la création de la Force Mixte Multinationale des Etats du bassin du lac Tchad pour la lutte contre Boko Haram, la création de la Force Conjointe du G5 Sahel pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé au Sahel, la décision d’un   financement endogène de un milliard de dollars des Forces Conjointes dans le cadre de la CEDEAO. Je fonde l’espoir que la communauté internationale accompagnera nos efforts car la sécurité est un bien public mondial. C’est le lieu de saluer le soutien des pays amis notamment la France et les Etats Unis d’Amérique. Je salue aussi le projet de forces spéciales européennes en vue du renforcement de la force Barkhane et plaise à Dieu, le terrorisme sera vaincu. C’est ma conviction. Le sacrifice des victimes civiles et militaires qu’il provoque ne sera vain. J’adresse ici, à notre allié dans ce combat, la France, nos sincères condoléances suite à la perte récente de 13 de ses soldats. Je vous demande par ailleurs d’observer une minute de silence à la mémoire de tous les morts civils et militaires provoqués par cette barbarie.

 Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le programme de renaissance que nous mettons en œuvre dans notre pays depuis bientôt 9 ans s’aligne sur les priorités régionales et continentales. Le Niger se transforme. Le Niger se transforme parce que nous portons des valeurs. Les idéaux que nous portons sont en phase avec ceux portés par la FPU. Notre ambition est d’y promouvoir la renaissance culturelle pour y moderniser la société, la politique et l’économie. Notre ambition est d’y assurer la sécurité, d’y consolider les institutions démocratiques, d’y construire des infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et de télécommunication. Notre ambition est d’y nourrir les Nigériens, d’éduquer, de former, de soigner leurs enfants de leur créer des emplois décents.

Des pays comme la Corée du Sud, pays de la mère de la paix, avaient le même niveau de développement que certains pays Africains. Parce qu’ils ont su définir des stratégies appropriées, ces pays ont pu émerger. Pourquoi le Niger n’en sera-t-il pas capable ?

Pourquoi au-delà l’Afrique n’en sera-t-elle pas capable dans son ensemble? Je n’ai aucun doute que le XXIe siècle sera Africain. Avec une population forte, jeune et de plus en plus instruite, un potentiel économique important notamment des ressources naturelles abondantes, nous avons suffisamment d’atouts pour réaliser des progrès extraordinaires. Il nous revient de coopérer davantage et de mutualiser nos moyens, là où cela s’avère nécessaire, afin de gagner ce combat.

Je voudrais enfin, Mesdames et Messieurs, réciter cette prière du Croyant : « Ô Dieu donne nous, offre-nous un savoir utile », un savoir qui nous mettra sur la bonne voie, un savoir qui nous conduira vers un monde plus juste et plus humain, un monde sans pauvreté, un monde de responsabilité et de solidarité, un savoir qui protège, un savoir qui consacrera la paix et la sécurité dans le monde. Permettez-moi aussi de renouveler  l’appréciation du gouvernement nigérien à La FPU pour la qualité de notre partenariat et je ne doute pas du succès qu’enregistrera le présent sommet dont les recommandations contribueront à la réalisation des aspirations des peuples Africains.

Tel est le souhait du Niger qui a voulu, à travers la rencontre d’aujourd’hui, apporter sa contribution aux actions de la communauté internationale pour la paix, l’entente et la compréhension entre les peuples du monde.

Je déclare ouvert le présent sommet et je souhaite pleins succès à nos travaux.

Je vous remercie de votre attention.

Niger Inter

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