On savait déjà l’ex professeur de philo très sensible aux questions touchant à l’éducation. Lors de l’accueil de sa délégation à Guidan Roumdji le mercredi 20 novembre par exemple, il n’a pas hésité à feinter son protocole, en allant à la rencontre d’un enseignant « isolé » avec ses élèves, pour s’enquérir de leur condition de travail.

Mais en sacrifiant davantage plus de son temps pour se rendre au Lycée Dan Baskoré (LDB) et au C.E.S Bagalam de Maradi, en marge de sa mission, nombreux sont les observateurs ici à Maradi qui ont salué l’expression de sa fibre patriotique et de son courage politique. Car avant lui, aucun homme politique de son rang, pas même le ministre des enseignements secondaires, n’a osé mettre ses pieds dans une telle fourmilière.

Le LBD, 3000 élèves, 43 classes dont certaines avec plus de 100 élèves. Des chiffres totalement ahurissants pour un lycée moderne. Ici le ministre Kalla Moutari est allé directement en classe pour trouver les élèves en situation de promiscuité extrême. « J’ai vu,…L’État assumera toutes ses responsabilités. En attendant, je vous demande simplement d’être assidu », a dit l’ancien SG de l’USN du LDB de 1982, aujourd’hui ministre, devant ses héritiers du moment. Kalla Moutari s’est également rendu dans sa classe de responsabilité pendant qu’il était encore prof de philo au LDB en 2002. On l’a aussi compris, entre le LDB et Kalla Moutari, il y’a toute une Histoire !

Au C.E.S Bagalam, le décor est encore plus surréaliste. 6000 élèves, 60 classes, 113 profs seulement, le tout dans un espace totalement confiné. On aurait dit un camp surpeuplé pour migrants adolescents ! Ici le ministre Kalla Moutari a été accueilli par une foule compacte qui scandait:  » Mû table muké so »! Non décontenancé par cet environnement très hostile a priori, Il a tenu également à visiter la classe la plus isolée, une 6e coincée dans un couloir, sous un vieux hangar, sans tables bancs, avec plus de 60 élèves, chacun muni de son tapis de prière. Victime de son gigantisme, le CES Bagalam a aujourd’hui besoin d’une thérapie d’urgence.

C’est pratiquement en jouant des coudes que sa sécurité a pu lui frayer un chemin jusqu’à son véhicule. Lors du point de presse qui a sanctionné la réunion de synthèse de la mission de pré évaluation de la campagne agricole 2019/qu’il a présidé, juste après cette double visite, il est revenu sur ce qu’il a vu dans les deux établissements. « Nous avons encore beaucoup de travail devant nous », a-t-il fini par admettre, avant d’ajouter » les responsabilités sont partagées… Je vous réitère une fois de plus que l’État assumera les siennes sans défaillir ! »

Il était accompagné dans toutes ces visites du Gouverneur Zakari Oumarou, du Député National Assoumane Kouré Jakou, du Président de la Délégation Spéciale de Maradi Ibrahim Miko, ainsi que de plusieurs cadres régionaux civils et militaires.

El Kaougé Mahamane Lawaly
Le Souffle de Maradi

 

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